La Fashion Week et la diversité : de la poudre aux yeux ?

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Dans ma rubrique mode de mercredi dernier, j’ai parlé de deux jeunes femmes ayant un handicap qui ont défilé à la Fashion Week de New York 2015. Regardez :

Le monde de la mode s’ouvre-t-il peu à peu à la diversité ?

C’est en ayant une discussion avec Marie-Jeanne Serbin Thomas, directrice de publication du magazine Brune, que j’ai eu cette idée de billet. En effet, je lui avais proposé un sujet d’article concernant les mannequins afro-descendants trisomiques et ayant le vitiligo pour son magazine. Voici ce qu’elle a répondu : ‘Seulement les sujets que vous proposez ne me paraissent pas probants dans la mesure où l’on sait très bien que les mannequins albinos ou avec du vitiligo ne sont pas une actualité mais juste un buzz sans avenir. Déjà les mannequins noirs sans problème de peau rament pour y arriver, voir le dernier papier sur Naomi Campbell  qui se bat contre la discrimination dans la mode , pourquoi parler de deux ou trois modèles dans la mesure où l’effet spectaculaire prime sur la réalité du marché. Que fait-on pour les milliers de modèles qui se heurtent à un rejet ténu dans ce milieu.’

 


 

Est-ce une volonté de la part des marques de promouvoir la différence ou simplement de faire du buzz?

Cette volonté de mettre en avant des mannequins « atypiques » est un artifice. Quel est le point commun entre les différents mannequins que je vous ai présentés dans ma rubrique ? Outre leur handicap ou leur maladie, elles ont toutes fait le buzz et ont énormément d’abonnés sur leur réseaux sociaux (Winnie Harlow compte 950 000 abonnés sur son compte instagram et Madeline Stuart, 470 000 fans sur sa page Facebook). C’est donc purement et simplement une stratégie de communication de la part des marques qui bénéficieront du buzz généré autour de cet handicap ou cette maladie tape-à-l’œil (tout comme les stars issues de la télé-réalité) mais aussi de la communauté créée par ces jeunes mannequins en devenir (à l’instar des grandes blogueuses de mode).

Ces mannequins dits « atypiques » réussiront-elles à se bâtir une carrière durable?

Je déplore aussi que ces marques jettent ces pauvres femmes en pâture tels des « phénomènes de foire » ou des stars issues de la télé-réalité. Ce n’est rien d’autre qu’une forme superficielle de discrimination positive. Quand l’handicap ou les maladies rares ne seront plus tendance sur les réseaux sociaux, ces jeunes femmes passeront par la case oubliette.

Et vous, pensez-vous que cette volonté de mettre en avant des mannequins avec un handicap ou une maladie visible est une stratégie de communication ?

4 Comments

  1. Bon article ! c’est bien de le partager 😀 …. et bien entendu ce n’est que pour du marketing, Gaultier a commencé, les autres ont suivit et voulaient eux aussi leur petit « monstre » … effet de societé/mode de caser les modèles alternatives dans un milieu ultra mode (et impitoyable) surtout pour celles qui n’ont pas forcément les épaules ….. :/

  2. La beauté d’une femme est au-delà de la redevance imposée à nous par les médias de la mode. Ces beaux modèles sont le reflet fidèle de ce qui est vraiment la beauté.

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